Avoir le nez qui coule, c’est désagréable. Mais un nez trop sec, ce n’est pas mieux! Cela peut même devenir une vraie gêne, dont il faut s’occuper.

 

 

Le nez doit être humecté

Une truffe mouillée, c’est signe de bonne santé. C’est ce qu’on dit quand notre toutou préféré pose la sienne sur nos genoux… Chez l’homme aussi, le nez doit être humecté pour bien fonctionner. Un nez qui chatouille, qu’on tripote, fronce ou grattouille est souvent un nez sec.
Tant que la sécheresse est modérée, c’est juste gênant. Mais au fil du temps, la situation peut se compliquer : crevasses, croûtes, petits saignements… Pas de panique, ce ne sont pas des hémorragies, mais le nez est douloureux et l’air circule mal. Et on peut y remédier.

Responsables : les poussières et certains médicaments

  • La climatisation dans les bureaux et l’air pressurisé en avion assèchent la muqueuse nasale. La cigarette, qui diminue aussi l’irrigation de cette muqueuse, a le même effet. Tout comme le sable, la chaleur et la poussière lors d’une promenade un jour de grand vent.
  • Vous souffrez du rhume des foins ? Sachez que les allergies respiratoires et leurs traitements (antihistaminiques, corticoïdes locaux) accentuent le risque de sécheresse.
  • Les médicaments anticholinergiques, pris sur de longues périodes, peuvent entraîner une sécheresse au niveau des muqueuses : bronchodilatateurs, antiparkinsoniens, médicaments contre l’incontinence, antiarythmiques… Idem pour certains antihypertenseurs. Des petits moyens peuvent aider. Si ça persiste, il faut consulter.

On évite…

Les gouttes qui débouchent le nez. Quand il est sec, celui-ci peut sembler bouché même si aucune sécrétion ne l’encombre. La tentation est grande, alors, d’utiliser un vasoconstricteur qui donne rapidement une sensation de respiration plus aisée. Mais ce type de médicament tend à augmenter la sécheresse nasale. C’est donc un cercle vicieux !
La vaseline. Se remplir le nez de cette pâte grasse n’est pas la meilleure solution !

 

On fait plutôt…

Des lavages du nez à l’eau de mer ou au sérum physiologique. Ils humidifient légèrement la muqueuse et nettoient le nez. Évitez toutefois les solutions hypertoniques qui peuvent être irritantes à la longue.
Une cure de boissons. Avant un long trajet en avion ou dans un environnement sec, hydratez-vous le plus possible en buvant de l’eau.
Une application de produits huileux à ­l’entrée des narines. Ces remèdes de grand-mère (Balsamorhinol®, Huile goménolée®) protègent la muqueuse et l’empêchent de se dessécher. Un produit plus récent, à base d’huile de sésame (GeloSitin®) à pulvériser, assure une protection durable. Il est plus pratique et confortable, car il ne coule pas.

Un filtre naturel à protéger

10 000 litres d’air passent chaque jour par notre nez !
La muqueuse joue un rôle essentiel dans la protection des voies respiratoires : elle réchauffe l’air, l’humidifie, le filtre. En effet, elle produit un mucus qui piège les impuretés (poussières, microbes…). Les cils des cellules peuvent ensuite les évacuer vers l’extérieur. Lorsque le nez est sec, il est moins efficace…

Notre expert
Dr Maurice Rotenberg, ORL aux Hôpitaux de Pari